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Tours Madame

Rochefort : un air d’aventure !

Niché dans un méandre de la Charente, à 20 km de la mer, Rochefort fut le plus grand arsenal de France et le port d’embarquement  des grands explorateurs. Ville d’art et d’histoire, Rochefort a su s’ancrer dans son patrimoine historique pour relever des paris fous, comme la reconstruction de la Corderie Royale ou de l’Hermione, qui font aujourd’hui la fierté des Rochefortais. Ville thermale (on y soigne entre autres les rhumatismes, les varices et l’eczéma), Rochefort est également une ville nature puisqu’elle abrite le Conservatoire du Littoral, le siège national de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, ainsi que la plus grande collection mondiale de bégonias. Rochefort exhale toujours ce parfum d’aventure et d’exotisme propre aux arsenaux qui préparaient les grandes expéditions.

Embarquons avec Colbert, La Fayette, Michel Bégon, Pierre Loti et Jacques Demy, pour un voyage historique, botanique et cinématographique !

Un patrimoine maritime unique au monde 

Un beau jour de 1666, Louis XIV pointe son doigt sur la carte au milieu des marais, dans un méandre de la Charente. Situé à une vingtaine de kilomètres de l’océan, protégé naturellement par les îles d’Aix et Madame, le site est choisi pour construire ex-nihilo « le plus grand et le plus bel arsenal du royaume ». Le Roi Soleil régnerait ainsi en maître sur terre comme sur mer et la marine française pourrait rivaliser avec celle des anglais.

Tout autour de l’immense corderie, le chantier naval s’étend sur 2,5 km. On y trouve tous les bâtiments nécessaires à la construction d’une flotte : voilerie, fonderie, menuiserie, poudrière, magasins aux vivres, hôpital….. Haut-lieu de la puissance maritime, c’est ici que l’on va former les ouvriers, les officiers de santé embarqués et ouvrir de nombreuses écoles, dont la première école de chirurgie au monde. Dans cette ancienne école de médecine navale, on peut découvrir aujourd’hui des collections d’instruments, curiosités médicales, squelettes, planches d’anatomie…  Ames sensibles, sensations garanties !

www.musee-marine.fr/ecole-de-medecine-navale-rochefort

La Corderie Royale : plus vivante que jamais !

Chargé des travaux par le roi, Colbert construit d’abord la pièce maîtresse de l’arsenal : une corderie de 374 mètres de long  (la plus longue manufacture d’Europe !) qui repose sur un immense radeau en raison du sol marécageux.

Pendant trois siècles, l’arsenal fait la gloire de la ville. Mais en 1827, la corderie tombe à l’abandon, puis est incendiée en 1944. Dans les années 70, la municipalité prend conscience de cet incroyable patrimoine historique et lance le pari fou de défricher ce tas de pierres : c’est la renaissance de ce passé glorieux qui va booster l’attractivité touristique de la ville.

Depuis avril 2017, une nouvelle scénographie retrace ces 350 années d’histoire et plonge les visiteurs en immersion dans les ateliers : de la fibre végétale jusqu’au gréement, les métiers du filage, du commettage (travail de la corde) et du matelotage (l’art des nœuds) sont expliqués à travers des maquettes 3D, hologrammes, démonstrations, jeux interactifs, initiations aux nœuds marins… Une expérience sensorielle ludique et pédagogique ! N’oubliez pas de faire un détour par l’impressionnante librairie (la plus grande librairie maritime de France !) qui compte des milliers d’ouvrages en lien avec la mer, le voyage et l’aventure.

Centre International de la Mer – La Corderie Royale – Arsenal – www.corderie-royale.com

Hermione : l’héroïne des deux mondes

En deux siècles et demi, 550 navires sortent des cales de l’arsenal, dont la fameuse Hermione. En 1780, La Fayette embarque à bord de cette frégate, direction Boston, pour annoncer à Washington que le royaume de France a décidé de soutenir les insurgés américains contre l’oppresseur anglais.

En 1997, une poignée de passionnés se lancent dans une aventure extraordinaire : reconstruire à l’identique cette « frégate de la liberté », pour rendre hommage à La Fayette et ainsi conserver la mémoire d’une grande aventure de solidarité entre les hommes. Véritable ambassadrice des savoir-faire français, l’Hermione est la plus grande réplique d’un navire ancien jamais reconstruite en France : un puzzle de 400000 pièces de bois, porté au vent par 2200 m² de voiles, manœuvrées par 25 km de cordage !

En 2015, après 17 années d’effort et des milliers d’heure de travail, le navire mythique quitte son berceau et refait le voyage transatlantique sur les traces de La Fayette, avec à son bord 80 gabiers novices, encadrés par une quinzaine de professionnels.

Avant qu’elle ne lève l’ancre vers la Méditerranée en février 2018, il ne faut pas manquer l’occasion  d’embarquer au cœur de ce navire mythique, ressentir les craquements du bois, humer ces odeurs mêlées de chanvre et de goudron et surtout rencontrer l’un des gabiers-volontaires. Avec une émotion palpable, ils racontent leur soif d’évasion, leur envie de vivre une aventure humaine intense, leur apprentissage de la navigation et aussi leur mal de mer.

La frégate Hermione, Association Hermione La Fayette – www.hermione.com

Félix : « L’Hermione m’a fait changer de vie ! »

A 27 ans, Félix a abandonné son projet de doctorat en linguistique pour suivre une formation de matelot et se consacrer entièrement à l’Hermione. Un changement de cap radical pour ce natif de Rochefort, qui a grandi en suivant la construction de la frégate. Pour vivre son rêve, il a d’abord dû adresser une lettre de motivation au Commandant et passer le test de monter tout en haut du mât (47 m !) avant d’embarquer pour la grande aventure transatlantique en 2015.

Lafayette : un franc-maçon célèbre

 Jusqu’au 1er octobre 2017, l’exposition « La Fayette, la traversée d’une vie » retrace toute la vie de celui que l’on a surnommé « le héros des deux mondes », l’un des huit citoyens d’honneur des États-Unis d’Amérique. Franc-maçon, La Fayette peut être considéré comme l’un de ces grands voyageurs ayant contribué à la diffusion des idées humanistes des philosophes du XVIIIe siècle. Son implication dans l’indépendance des Etats-Unis a été facilitée par ses liens de fraternité avec George Washington, franc-maçon lui aussi.

Aujourd’hui, Rochefort dispose toujours d’un riche patrimoine maçonnique. Créée en 1776, la loge « Accord Parfait », premier temple de France classé monument historique, ouvre ses portes à la visite. Sa valeur patrimoniale, architecturale et décorative en fait un témoignage unique, complété par une bibliothèque riche de 4 600 ouvrages.

Visites sur rendez-vous et sur réservation exclusivement : le 3ème vendredi de chaque mois et le samedi qui suit. 05 46 99 08 60 – Office de Tourisme Rochefort Océan

Tracée au cordeau

C’est pour lutter contre la mortalité due à la fièvre des marais, que l’intendant du roi Michel Bégon (…un blésois !) se consacre à l’assainissement et à la salubrité de la ville dès 1688. Il va imposer la première charte architecturale urbaine : construction en pierre, immeuble d’angles de deux étages en pierre de taille, pavement des rues et constructions « au cordeau ». Semblables à l’organisation de grandes villes américaines, les rues dessinent un damier avec une précision militaire. La ville s’organise autour de la place Colbert, souvent rebaptisée par les touristes « place des Demoiselles », en souvenir du tournage des « Demoiselles de Rochefort » en 1966.  Elle se visite facilement à pied, ou bien à bord d’une voiture à pédales nommée la « Rochefortine », avec les commentaires de Justine. Le marché du samedi matin qui se tient dans l’avenue Charles de Gaulle est l’un des plus beaux de la région. On y trouve la galette charentaise à l’angélique, la jonchée (du lait caillé aux amandes égoutté dans un paillon de joncs de la Charente) ou bien les bars et maigres fraîchement pêchés par Grégory Boniton.

« Nous sommes deux sœurs jumelles … »

Ce refrain enchanteur est encore dans toutes les mémoires. En 1966, Jacques Demy tombe sous le charme de l’architecture de la ville et son pont transbordeur pour y tourner « Les Demoiselles de Rochefort ». Portée par la grâce de  Catherine Deneuve et Françoise Dorleac, la comédie musicale à l’américaine va donner un sacré coup de projecteur glamour sur la ville. Un dépliant édité par la Mairie « Laissez-vous conter les Demoiselles de Rochefort » replonge les amoureux du film dans l’ambiance du tournage, à la découverte des coulisses et sur les lieux des différentes scènes mythiques.

 

 

Pierre Loti : l’extravagant  enfant du pays

Un parfum colonial flotte encore sur la ville et le visiteur curieux peut découvrir derrière les portes de ses hôtels particuliers des objets collectionnés par les marins. L’exemple le plus saisissant est sans doute la maison que Pierre Loti, écrivain académicien et officier de marine, avait transformé en voyage perpétuel. Aujourd’hui, sa maison est fermée pour travaux, mais un espace lui est consacré au premier étage du Musée Hèbre de Saint Clément. La visite 3D, commentée en direct par un vrai guide, est une véritable prouesse technologique qui permet de passer d’un salon renaissance à une mosquée reconstituée : un voyage immobile dans cette maison aux décors fantasques créés par l’artiste ! Au même étage, un parcours thématique et chronologique illustre la vie de l’écrivain voyageur, avec des collections et des objets jamais exposés auparavant.

Visites guidées « Le voyage rêvé chez Loti » au Musée Hèbre de Saint Clément – 63 rue Charles de Gaulle

Le conservatoire du bégonia : unique !

La vocation horticole de Rochefort s’est développée à partir de l’aventure des botanistes du XVIIIème siècle. Par les ports, ils ont introduit en Europe quantité de plantes nouvelles, dont le bégonia, qui est intimement liée à l’histoire de la ville. En 1688, à la demande du roi, Michel Bégon finance une expédition scientifique aux Antilles. Le botaniste Charles Plumier va découvrir six petites plantes herbacées qu’il baptise « Bégonia », en hommage à son bienfaiteur. Aujourd’hui, le conservatoire du bégonia abrite la première collection mondiale : pas moins de 1700 espèces botaniques et hybrides s’épanouissent dans une serre d’environ 1000 m². Dans cette jungle à l’ambiance tropicale, le directeur Patrick Rose accueille aussi bien d’éminents botanistes du monde entier que des jardiniers curieux. Les visites guidées sont une véritable leçon botanique qui permet de mieux comprendre l’étonnante et infinie diversité de cette plante.

Serre Conservatoire du Bégonia – 1 rue Charles Plumier – zone Horticole –

A voir, à faire aux alentours

Rochefort Océan réserve une multitude d’aventures surprenantes, entre les balades à vélo le long du fleuve Charente, l’observation des oiseaux migrateurs dans les réserves naturelles, les bains de mer revigorants dans la station balnéaire de Fouras-les-bains, la dégustation d’huîtres au Port des Barques, une expédition vers l’île d’Aix ou le médiatique Fort Boyard au large…

Le pont Transbordeur : une silhouette emblématique

Ce célèbre pont à l’ahurissante structure métallique a été imaginé pour permettre la traversée des personnes et des véhicules sans gêner la navigation maritime, notamment des navires de l’arsenal de Rochefort. Immortalisé par le film « Les Demoiselles de Rochefort », il fut classé monument historique avant de reprendre du service pour les touristes en 1994. Il permet aux piétons et cyclistes de franchir la Charente au moyen d’une nacelle qui avance à la vitesse de 1,5 km/h, à 2 mètres au-dessus de l’eau. C’est désormais le seul pont transbordeur existant encore en France. Pendant les travaux de rénovation prévus jusqu’en février 2019, la traversée se fait par bateau-passeur. Tous les jeudis de l’été à 18h, des visites théâtralisées vous emmènent à la rencontre de son inventeur, Ferdinand Arnodin, dans une déambulation pleine d’humour.

www.pont-transbordeur.fr

L’île Madame : entre terre et mer

Entre île et presqu’île… c’est Madame ! Depuis Port des Barques, on y va de préférence à pied, à vélo ou en calèche, par « la passe aux bœufs » : un « cordon doré » naturel composé de sable et de galets déposés par la mer qui s’étire sur un kilomètre.  Au gré du flux et du reflux des marées, l’île Madame joue deux fois par jour avec l’océan : il faut donc veiller aux horaires pour ne pas rester prisonnier et jouer les Robinson Crusoé sur cette île minuscule quasi déserte. Sauvage et gracieuse, elle pare son littoral d’élégants pontons colorés sur pilotis où il fait bon taquiner les soles dans les filets carrelets.

Au nord de l’île, un détour s’impose par la Ferme Aquacole de Jean-Pierre et Elisabeth Mineau, les deux seuls autochtones de l’île. Contre vents et marées, malgré les énormes dégâts causés par deux tempêtes en 1999 et 2010, ces paysans de la terre et de la mer vous racontent leur vie en harmonie avec la nature et leur fascination pour cet îlot capricieux. Dans leur ferme-auberge, ils servent presque exclusivement les produits biologiques de leur exploitation. Evidemment, prenez soin de réserver à l’avance et de veiller aux horaires des marées pour savourer des palourdes farcies ou des crevettes impériales flambées au cognac (de mi-août à novembre), et en dessert une galette charentaise croustillante à l’angélique, accompagnée d’une caillebotte au cognac : un vrai régal au cœur du pertuis charentais !

www.ilemadame.com

 

NOTRE CARNET D’ADRESSES

Restaurant Les Quatre Saisons – 76 rue Grimaux à Rochefort – 05 46 83 95 12

On pourrait presque passer devant cette maison rochefortaise sans savoir qu’elle abrite un restaurant. Patrick Bonnaud magnifie les produits du terroir avec une pointe d’originalité. Au mur, les photos de l’Hermione trahissent l’autre passion du chef, qui est aussi gabier sur la frégate.

Les Jardins du Lac à Trizay – www.jardins-du-lac.com

Les chambres au décor design invitent à se ressourcer dans la quiétude du lac, à peine troublée par la compagnie des canards. En cuisine, Yohann SUIRE fait des merveilles avec les produits de la mer et de son potager. Le bonheur est au bord du lac !

La Villa des Demoiselles,  112, rue Pierre Loti  à Rochefort – www.villadesdemoiselles.com

Passés la grande porte et l’escalier, tout est charme, délicatesse et raffinement dans cette villa située à deux pas de danse de la place Colbert. Patricia Robin-Fargier et son mari Michel ont su conserver l’esprit des hôtels particuliers « Grand Siècle » et vous reçoivent comme dans une maison de famille.

 

 

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