jump to example.com
Tours Madame

Les soldes, toute une histoire !

destination-soldes-

Chers à nos coeurs comme à nos porte-monnaie, les soldes sont une invention française qui a su conquérir la planète. Petit retour sur une histoire bien ficelée.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les soldes n’ont nullement eu besoin des fashionistas et autres midinettes pour s’imposer. Cela fait près de deux siècles qu’ils font vibrer le cœur des commerçants comme celui des banquiers reconnaissants, grâce à l’initiative d’un certain Simon Mannoury, propriétaire d’une boutique parisienne appelée, c’est difficile à croire, Le Petit Saint Thomas. C’est en cherchant une solution à l’éternel problème des invendus que lui vint l’idée qui allait assurer sa postérité : proposer les stocks de la saison passée au public, assortis de remises exceptionnelles qui ne tardèrent pas à attirer les foules. Pour désigner ces promotions, il opta pour le mot solde, au singulier, qui désignait jusqu’alors un coupon de tissu invendu : le terme est bientôt placardé partout par le biais de ce que l’on appelle alors « la réclame ». Bien vite imité, Mannoury était un véritable précurseur, qui mit au point de multiples techniques qu’on imagine propres au marketing moderne, comme l’affichage des prix fixes ou la vente par correspondance. Une politique qui prendra tout son essor grâce à un ancien employé du Petit Saint Thomas, Aristide Boucicaut, créateur en 1852 du premier grand magasin, Le Bon Marché.

Au nom de la loi

Durant quelques décennies, tout cela se déroula dans un joyeux chahut, chacun accommodant le concept à sa sauce. Il fallut attendre 1906 pour voir poindre la première tentative de réglementation des « ventes au déballage ». Il s’agit avant tout de spécifier une durée légale : les soldes ne pourront dorénavant avoir lieu que deux fois par an, et durant des périodes n’excédant pas deux mois. De plus, les commerçants devront obtenir une autorisation de la municipalité et fournir un inventaire complet des biens qu’ils se proposent de solder. Une base qui ne sera consolidée qu’une cinquantaine d’années plus tard, en 1962, grâce à une réglementation tentant de donner une définition claire des soldes. Dès lors, ne seront considérées comme tels que les « ventes présentant un caractère occasionnel, accompagnées ou précédées de publicité et annoncées comme tendant à l’écoulement accéléré des stocks de marchandises par une baisse de prix. »

Hier la France, aujourd’hui le monde

Depuis, notre conception des soldes a beaucoup évolué : alors qu’une meilleure gestion des stocks, due notamment à l’avènement de l’informatique, réduit considérablement la quantité d’invendus, et par là même la nécessité des soldes, internet nous a ouvert au monde. Outre les déstockages français, nous participons à des opérations promotionnelles spécifiques à d’autres pays et à d’autres cultures. C’est par exemple le cas du Black Friday, typiquement américain, qui s’exporte pourtant avec un succès croissant. Au lendemain de Thanksgiving, les magasins proposent des réductions très conséquentes, suffisamment du moins pour provoquer de véritables émeutes dans les grandes surfaces. Cette tradition s’étend également (et plus pacifiquement) aux magasins en ligne situés aux États-Unis et au Canada, et certains commerçants français ont adopté la coutume. De même, le Boxing Day anglais prend peu à peu son essor en Europe, et le shopping rebondit donc dès le 26 décembre, à peine le festin du réveillon digéré. Ce n’est d’ailleurs là qu’un début : pour paraphraser le dicton, il y a toujours des soldes quelque part…

Sidonie Joly

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

Répondre