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Tours Madame

Les avions d’avant-guerre renaissent à Orbigny

Touraine Secrète

par Sandrine Dartois

 Au fin fond de la campagne tourangelle, deux hangars discrets au bout d’un chemin, un vaste champ, un drapeau de pirate : seule une manche à air laisse trahir que nous sommes sur une piste d’atterrissage. C’est d’ici que les avions restaurés par Patrick Siegwald redécollent après leur restauration.

Depuis  1998,  Patrick  Siegwald  restaure  ou  reconstruit à l’identique des avions de collection français, anglais ou allemands d’avant-guerre : Sopwith Camel, Potez 25, Stampe sv4, Albert A110… Il s’attache à travailler dans le strict respect des plans et méthodes d’antan, en utilisant les mêmes outils et matériaux, comme la fibre de lin : « Notre objectif est d’être le plus conforme possible à l’original, dans les moindres détails. Par exemple, on a fait refaire à l’identique des clous spéciaux ». Son perfectionnisme va jusqu’à choisir lui-même les arbres sur pied et surveiller leur abattage : « Pour garantir la solidité de ces avions en bois de frêne, il est important que la fibre soit parfaite, sans aucun nœud ».

Sept années de travail d’avance

 Passionné de modélisme et fan de vieux avions depuis tout petit, Patrick Siegwald  a été formé « sur le tas », par Marcel et Catherine, le dernier ébéniste aéronautique et la dernière entoileuse qui exerçaient au Musée de l’Air de Meudon : « Pendant une semaine, je suis resté assis sur une chaise dans un coin de l’atelier. J’observais, personne ne m’adressait la parole. C’était une façon de voir si j’étais motivé ». Après cette mise à l’épreuve, il apprend le métier à leurs côtés pendant une dizaine d’années, parallèlement à son poste de mécanicien chez Air France. Suite à un plan de licenciement, il décide de voler de ses propres ailes,  et atterrit à Orbigny où il trouve un terrain plat adapté pour faire sa propre piste d’atterrissage : « La plupart des avions arrivent ici en containers ou sur remorque, et  ils repartent en volant ! ». Entre deux coups de fil en anglais, Patrick Siegwald explique : « Mes  clients sont essentiellement des collectionneurs ou des musées du monde  entier. Je réalise  95%  de mon chiffre d’affaires à  l’export.  Mon carnet de commandes est rempli pour les sept ou huit années à venir !».

Des métiers en voie de disparition

Aujourd’hui expert en aéronautique internationalement reconnu, Patrick  Siegwald  ne  peut  satisfaire  toutes  les  demandes de restauration qu’il reçoit,  faute  de pouvoir recruter des professionnels qualifiés dans des métiers rares. Labellisé « Entreprise du Patrimoine Vivant »,  il transmet son savoir-faire et forme des jeunes à travers l’association « Ail’ex, les Ailes de l’Exploit », dont il est le responsable technique. Cette association regroupe une trentaine de bénévoles curieux aux profils variés, mais qui partagent tous la même passion pour l’aviation ancienne, et plus particulièrement les vieilles machines volantes du début du XXème siècle. Dans un esprit d’entraide et d’échange de compétences, ces fous d’aviation n’hésitent pas à aller chercher des carcasses à l’autre bout de la France, comme ces deux  Albert A110 récupérés dans des granges envahies par les broussailles. Faire voler à nouveau ces avions mythiques, c’est un peu rentrer dans la légende !

Classique Aero Antique Service

Association AIL’EX – Les Ailes de l’Exploit – http://ailex.free.fr

Patrick SIEGWALD – Les Pallis – 37460 ORBIGNY

Tel : 02 47 94 20 52

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