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DarkHues, à la pointe du stylo-bille

Par Sandrine Dartois

Quoi de plus banal qu’un stylo-bille ? Celui que l’on a tous eu dans sa trousse d’écolier, avec lequel on  griffonne une liste de courses ou des rosaces pendant les réunions ennuyeuses… C’est ce stylo rudimentaire qu’utilise DarkHues pour dessiner des portraits hyperréalistes et créer l’illusion, trait à trait et sans rature.

Un simple stylo publicitaire qui portait le logo « Tours Habitat » reçu dans la boîte aux lettres au moment des étrennes… C’est avec cet objet du quotidien rudimentaire que DarkHues (prononcez « darkyouz ») dessine sa nouvelle trajectoire depuis décembre 2014. « Je me suis attaché à ce stylo banal, car j’aimais bien la viscosité de l’encre. J’ai appelé « Tours Habitat » pour connaître leur fournisseur et j’en ai commandé 250 ! »

Un éclat lumineux dans une pupille. Une ride. Une perspective dans un dessin d’architecture. Dans les dessins de DarkHues, le plus infime détail hypnotise. « Ce qui m’intéresse dans le stylo à bille, c’est qu’on n’a pas le droit à l’erreur, c’est comme dans le tatouage. Au moindre faux geste, il faut tout recommencer. » Perfectionniste et minutieux,  DarkHues va jusqu’à mettre en scène ses erreurs en vidéo sur sa page Facebook, déchirant par petits bouts un dessin raté qui avait nécessité une bonne centaine d’heures de travail.

Photographie ou dessin ?

L’artiste tourangeau crée des portraits crayonnés avec une telle maîtrise qu’ils ressemblent à des photos. L’illusion est parfaite, l’œil se laisse facilement tromper, tant le réalisme est saisissant. C’est là que son pseudo « DarkHues » (qui signifie « nuances foncées » en anglais) prend tout son sens !  Maître du clair-obscur, il s’est d’abord lancé dans une première série de portraits avec des lunettes intitulée « Weird glasses » : « Je commence toujours par dessiner le regard : en travaillant les ombres et les lumières, j’obtiens une profondeur dans les yeux : c’est le plus important ».

Mais l’intérêt de ses dessins ne s’arrête pas au réalisme des détails : la plupart contiennent un message sous-jacent, comme cette série de portraits de singes couronnés. Une façon pour l’ancien éducateur à l’environnement de donner de l’importance à ces animaux que l’on détruit et de souligner ce paradoxe. DarkHues aime aussi associer son autoportrait avec des architectures de lieux qu’il affectionne particulièrement, comme la cathédrale de Tours ou de Notre-Dame-La Riche. Dans un registre différent, la série « Bob’s your uncle » met en scène sa belle moustache en guidon à travers un double-personnage : « c’est un peu ma signature, une façon de me raconter sans mettre de mots ! »

Des stylos à bille, beaucoup d’encre, de la patience, de la précision, de l’imagination et du vécu : tels sont les ingrédients qui composent l’art de DarkHues, qui expose en galeries partout en France. Très attaché à l’échange, il propose des initiations au dessin dans les médiathèques, fait régulièrement des démonstrations chez Cultura, et travaille aussi sur commande d’après photo. « Pendant longtemps, je ne me suis pas senti légitime car je suis autodidacte. Mon parcours est une mosaïque de rencontres enrichissantes. Mais avec tous les messages d’encouragement du monde entier que je reçois sur Facebook, aujourd’hui je me sens chanceux de faire ce qui me plait ! »

www.facebook.com/DarkHues

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